Par Sarah
Les yeux sont des miroirs sans tain. Le reflet n’est pas celui que l’on croit, ni celui que l’on souhaite, jamais. Le problème est-il de le souhaiter, ou de ne pas le trouver? Je choisis de regarder autre chose que mon reflet pour transformer les miroirs en fenêtres. Je veux m’émerveiller de la poussière flottant dans les rayons de lumière des yeux que je croise. Et je veux pouvoir passer mes doigts autour des petites particules brillantes, sans savoir si c’est de la magie ou non… Et en aimant de ne jamais pouvoir le savoir. Suspendre l’incrédulité, c’est offrir au tissu du monde un infini kaléidoscope de couleurs. C’est la lumière qui nous fait voir la poussière, mais c’est la poussière qui sublime la lumière. Les yeux sont une focale parmi d’autres. Mais s’ils deviennent écran, il ne dévoilent plus la poussière. La lumière est bleue, solitaire, stérile: sa seule complémentaire est l’attention qu’elle détourne, qu’elle stimule, qu’elle vole. Le larcin le plus gigantesque du siècle… Faites que les yeux ne deviennent jamais des écrans. Faites que la lumière traverse les regards en faisant flotter la poussière, faites que la poussière traverse la lumière en faisant flotter les regards, faites que jamais ne s’arrête la course folle des couleurs sur le tissu. Regarde ma poussière et rends-la magique de ton altérité, en célébrant nos lumières qui rayonnent et ne sont jamais seules.
Transformons l’écran en passerelle et les rayons en lever de soleil!
Je t’aime parce que je ne saurai jamais entièrement ce qui se cache derrière ton miroir.
Aime-moi quand je ne me maquille pas au dedans.
Et parce que je suis le feu: aime-moi si tu peux tenir.