La fable des abeilles, de Mandeville

“La Fable des abeilles raconte l’histoire d’une ruche florissante où prospèrent non seulement tous les métiers, mais aussi et surtout tous les vices, la cause de sa prospérité tenant précisément à ce que tous ses habitants sont peu ou prou voleurs. Hantés par la culpabilité, ils décident de devenir honnêtes. Dès lors, les (très nombreuses) activités qui vivent du malheur d’autrui disparaissent, et la ruche dépérit. Le message est clair : pour faire le bonheur de vos concitoyens, soyez malhonnête et débarrassez-vous de tout scrupule… Bernard Mandeville développe pendant vingt-quatre ans, dans des dizaines de textes et des centaines de pages, les implications de ce qu’il appelle « une espèce de conte mis en de mauvaises rimes ». Il en résulte un texte en plusieurs volumes intitulé La Fable des abeilles ou Vices privés, vertus publiques, bientôt traduit en français, grâce notamment à l’intérêt que lui porte Voltaire. Les principes que Mandeville a volontairement et explicitement posés comme « vicieux » dans cette Fable de 1705 contribueront à réformer le monde avec la première révolution industrielle selon un esprit entièrement nouveau : celui du capitalisme.” (par Dany-Robert Dufour)