Investir dans noossoon, c’est se donner l’opportunité d’articuler 3 dimensions difficiles à concilier : un revenu décent (de quoi vivre), l’accomplissement personnel (pour quoi vivre) et la contribution au bien commun (dans quoi vivre).

En règle générale, ces 3 dimensions (vitale, existentielle et sociétale) font l’objet d’arbitrages et de compromis. C’est ce dont témoigne Franck Riboud, ex-patron de Danone, au lendemain de la crise financière de 2008 : « [Les crises] nous rappellent qu’on ne peut faire l’économie d’une forme de solidarité entre acteurs. Elles nous rappellent le bon sens : qu’aucun organisme ne se développe dans un milieu appauvri ou dans un désert. Et qu’il est donc de l’intérêt même d’une entreprise de prendre soin de son environnement économique et social, ce qu’on pourrait appeler, par analogie, son « écosystème ». (…) La question n’est donc pas de savoir s’il faut ou non faire du profit (…). La question est de savoir comment on construit son profit dans la durée et comment on l’investit en tenant compte des contraintes et des intérêts de ses différentes parties prenantes. En un mot, comment on gère les équilibres complexes et les inévitables contradictions entre efficacité et protection, court terme et long terme, intérêts individuels et bien-être collectif… ».

Chez noossoon, c’est différent. Nous ne cherchons pas à “gérer les équilibres complexes”, à arbitrer entre des propositions contradictoires, à faire des compromis, et encore moins à obtenir un quelconque consensus sur les décisions à prendre et les actions à entreprendre. C’est au contraire en promouvant le dissensus que peuvent être conciliées les dimensions antagonistes de l’existence (voir à ce propos le Livre blanc). A proprement parler, elles ne sont pas antagonistes; elles sont complémentaires au sens bohrien du terme : relatives à des contextes mutuellement exclusifs au regard de la logique classique, mais pas au regard de la logique mise au jour par les théoriciens de la quantique qui elle autorise la co-existence de propositions contradictoires.

Or, la parole poétique, parce qu’elle s’autorise les analogies, les images, la plurivocité, permet d’échapper à la discursivité de la logique classique et d’accéder simultanément à différents niveaux de complexité. C’est par cette parole que nous pouvons espérer conjoindre les intérêts individuels et ceux du collectif, les intérêts des parties et du tout.

Par parole poétique, nous n’entendons pas parole versifiée, ni parole intimiste; nous entendons parole qui pèse, qui nous pèse et que nous brûlons de dire, parole dissidente à l’égard du sens commun quand celui-ci nous conduit à mener une existence absurde. Parole lourde de sens donc, parole grosse de la vie à naître, parole qui chemine à travers la révolte en direction du pour quoi, en direction de sa raison de vivre (et l’accomplit chemin faisant). C’est peut-être le poète Christian Bobin qui l’évoque le mieux : «Je n’ai depuis l’enfance employé mes forces qu’à refuser ce qu’on me proposait, au nom d’une chose dont j’ignorais ce qu’elle était, et je l’ignore encore.»

Parole poétique mais profondément ancrée dans la réalité la plus prosaïque qui soit : celle de l’entreprise. De cette mise en tension du poétique et du prosaïque surgit un agir collectif, un non-agir devrait-on dire tant nous concevons l’agir comme résultant de la volonté. Or ici, la volonté, du moins consciente, n’y est pour rien; l’agir émane du paysage symbolique, de l’espace poétique brossé par les paroles des membres. Un paysage qui articule des possibles et accouche d’une complexion1 d’ordre supérieur, intégratrice des différents niveaux d’organisation qui le composent. A un certain niveau de complexion, les antagonismes sont dissouts.

Vivre cette expérience est r-évolutionnaire : Révolutionnaire car c’est faire l’expérience d’un agir non sacrificiel, ni de l’individu (comme l’est le communisme), ni du collectif (comme l’est le libéralisme). Evolutionnaire car cet agir est en déséquilibre permanent, en quête de stabilité sur fond d’instabilité, de structure sur fond d’informité, de sens sur fond d’absurdité : il est un devenir.

C’est à cela que nous vous convions en tant qu’investisseur : à investir notre entreprise de votre poétique (r)évolutionnaire. Par votre parole, vous contribuerez à créer l’espace poétique permettant au réseau noossoon de prospérer à la façon d’un superorganisme, c’est-à-dire de façon plus intelligente que la plus intelligente de ses parties.

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Notes :
  1. Complexion, du latin complexio « assemblage, union d’éléments » ↩︎