Spinoza et la question du symbolique, par Catherine Malabou

“À partir d’une lecture du Traité Théologico-politique, de la méthode d’interprétation de la Bible en particulier, je tenterai de voir comment la question du symbolique s’inscrit dans la pensée de Spinoza. Je définirai le symbolique comme cette tendance à la surinterprétation (superstition ?) sans laquelle la compréhension philosophique ne serait pas possible.” Catherine Malabou

La dynamique pré-réfléchie de l’expérience vécue et l’expérience d’apprendre, par Claire Petitmengin

L’exposé portera sur une dimension profondément pré-réfléchie de notre expérience vécue, la dimension « ressentie », qui semble jouer un rôle essentiel dans la microgenèse d’une idée comme dans celle d’une compréhension, d’un sens. À partir de plusieurs exemples, il sera montré qu’elle possède des caractéristiques structurelles spécifiques, différentes de celles de l’expérience dont nous sommes habituellement conscients. Les étapes du processus qui permet d’en prendre conscience seront examinées et le rôle de cette prise de conscience dans l’expérience d’apprentissage sera interrogé.

La mésologie, pourquoi et pour quoi faire? par Augustin Berque

“La science moderne, par son principe, consiste à « objectifier » la réalité (abstraire le sujet), et c’est ce qui a fait la nouveauté extraordinaire de la science moderne, mais qui contient quelque chose de très dangereux et de fatal dans son essence : à force d’abstraire l’être humain de la réalité, on produit un monde inhabitable et peut-être mortel. L’expression concrète de cette interprétation, c’est la crise de l’environnement que nous connaissons et qui va s’aggraver, sauf à changer de paradigme. C’est ce que cherche à faire la mésologie, en prenant en compte une complexité bien supérieure à la science moderne, en réintroduisant l’existence humaine par principe au lieu de l’abstraire.”

Les usages de la présence : description et prescription dans l’œuvre de Mikel Dufrenne, par Stéphane Basille

“La présence est donc un point de passage théoriquement fondamental, puisqu’elle permet de penser ensemble union et séparation, équivocité que Dufrenne résume parfaitement lors d’une conférence de 1970 : « Être présent-à, comme un spectateur à une représentation, un témoin à un événement, c’est s’arracher à la présence : être devant et non plus avec. »” Stéphane Basille

Jan Patocka, une pensée de la dissidence : phénoménologie et politique, par Mathieu Cochereau

“La Dissidence sera comprise comme l’événement par lequel l’homme est mis à part de la totalité et, en vertu de cette séparation, produit un monde naturel. Nous envisageons la Dissidence d’un point de vue cosmologique (expulsion hors du tout), anthropologique (rapport de l’homme au monde) et phénoménologique (manière dont l’homme fait apparaître ce dont il a été expulsé). Ainsi, la Dissidence signifie une structure commune à l’homme et au monde par laquelle nous pouvons saisir l’action de l’homme face à tout système qui voudrait faire du monde la mesure de l’homme. Notre dernière partie entend donc montrer que l’acte dissident, loin d’être l’expression d’une toute-puissance humaine, exhibe plutôt sa problématique fragilité et la contingence irréfragable du monde naturel.” Mathieu Cochereau

Musique concrète et communication humaine, par Pierre Schaeffer

Entre langage parlé et perception d’images, la musique représente une zone médiane particulièrement ambiguë mais qui a la qualité d’être concrète comme une image et abstraite comme un texte. Tous les phénomènes du langage (sons, mots, images) dépendent physiquement d’une série opératoire que nous analysons « scientifiquement » en termes de cause à effet. Mais le sens du message, lié à ces supports physiques, est à fonder par le processus inverse, par un mécanisme de l’esprit humain qui fonctionne contre et indépendamment des séries physiques.