La conversion existentielle de la phénoménologie : une perspective génétique, par Philippe S.Blouin

“L’épochè effectuerait ainsi, en somme, la synthèse des perspectives à la première et à la troisième personne. Cela revient, autrement dit, à adopter un regard universel, ou désindividualisé, sur cela même que j’expérimente d’instant en instant, c’est-à-dire sur l’univers sensible lui-même. Or, si le regard phénoménologique consiste en un regard universel jeté sur l’univers lui-même, on s’aperçoit dès lors en quoi ce type de conscience n’est plus dualitaire. La scission entre le moi et le monde s’efface à travers la conversion phénoménologique au profit d’une véritable présence de l’univers à lui-même.” Philippe S.Blouin

Dialogue avec Bernard d’Espagnat Sur le “Traité de physique et de philosophie”, par Michel Bitbol

“Ce texte est celui de mon intervention à un colloque organisé par Léna Soler autour du “Traité de physique et de philosophie” de Bernard d’Espagnat (Fayard, 2002). Il y est question du statut de la réalité, de notre position en elle ou face à elle, de son caractère ineffable ou arraisonnable par une science comme la physique, de son caractère pré-structuré ou à structurer par la recherche. Deux attitudes philosophiques sont confrontées : (1) celle qui consiste à maximiser, dans le produit de la connaissance, la part de structure que l’on croit pouvoir attribuer à la réalité telle qu’elle est indépendamment de nous, et (2) celle qui consiste inversement à maximiser la part de structure que l’on croit pouvoir attribuer à la méthode même qui est employée dans la recherche. Chacune de ces deux attitudes trace un programme épistémologique : celui du physicien réaliste, et celui du “métaphysicien” néo-kantien.” Michel Bitbol