La vérité affective, chez Michel Henry

“Qu’est-ce que la vérité ? La conscience naturelle, instinctive, y verra un rapport entre deux « choses », entre une idée et un objet. Pour être vraie, une description du monde doit correspondre à ce monde. Cette conception de la vérité, bien que se trouvant chez de nombreux auteurs avant lui, notamment chez Platon et Aristote, sera cristallisée en un énoncé clair par Thomas d’Aquin : veritas est adaequatio intellectus et rei (la vérité est l’adéquation de l’intellect aux choses). Cela dit, cette conception de la vérité semble incapable de nous offrir une vérité qui soit absolument certaine, exempte de tout doute. Descartes, à l’aide de sa méthode du doute hyperbolique, rejetant tout ce qui était la proie du doute, croyait avoir trouvé cette première vérité dans l’existence même du sujet : cogito ergo sum (je pense donc je suis). Cette attribution de la première vérité à l’essence même du sujet marqua la naissance de la modernité. Pourtant, cette première vérité est aujourd’hui remise en question.”