Jan Patocka, une pensée de la dissidence : phénoménologie et politique, par Mathieu Cochereau

“La Dissidence sera comprise comme l’événement par lequel l’homme est mis à part de la totalité et, en vertu de cette séparation, produit un monde naturel. Nous envisageons la Dissidence d’un point de vue cosmologique (expulsion hors du tout), anthropologique (rapport de l’homme au monde) et phénoménologique (manière dont l’homme fait apparaître ce dont il a été expulsé). Ainsi, la Dissidence signifie une structure commune à l’homme et au monde par laquelle nous pouvons saisir l’action de l’homme face à tout système qui voudrait faire du monde la mesure de l’homme. Notre dernière partie entend donc montrer que l’acte dissident, loin d’être l’expression d’une toute-puissance humaine, exhibe plutôt sa problématique fragilité et la contingence irréfragable du monde naturel.” Mathieu Cochereau

La conversion existentielle de la phénoménologie : une perspective génétique, par Philippe S.Blouin

“L’épochè effectuerait ainsi, en somme, la synthèse des perspectives à la première et à la troisième personne. Cela revient, autrement dit, à adopter un regard universel, ou désindividualisé, sur cela même que j’expérimente d’instant en instant, c’est-à-dire sur l’univers sensible lui-même. Or, si le regard phénoménologique consiste en un regard universel jeté sur l’univers lui-même, on s’aperçoit dès lors en quoi ce type de conscience n’est plus dualitaire. La scission entre le moi et le monde s’efface à travers la conversion phénoménologique au profit d’une véritable présence de l’univers à lui-même.” Philippe S.Blouin