La mésologie, pourquoi et pour quoi faire? par Augustin Berque

“La science moderne, par son principe, consiste à « objectifier » la réalité (abstraire le sujet), et c’est ce qui a fait la nouveauté extraordinaire de la science moderne, mais qui contient quelque chose de très dangereux et de fatal dans son essence : à force d’abstraire l’être humain de la réalité, on produit un monde inhabitable et peut-être mortel. L’expression concrète de cette interprétation, c’est la crise de l’environnement que nous connaissons et qui va s’aggraver, sauf à changer de paradigme. C’est ce que cherche à faire la mésologie, en prenant en compte une complexité bien supérieure à la science moderne, en réintroduisant l’existence humaine par principe au lieu de l’abstraire.”

Dialogue avec Bernard d’Espagnat Sur le “Traité de physique et de philosophie”, par Michel Bitbol

“Ce texte est celui de mon intervention à un colloque organisé par Léna Soler autour du “Traité de physique et de philosophie” de Bernard d’Espagnat (Fayard, 2002). Il y est question du statut de la réalité, de notre position en elle ou face à elle, de son caractère ineffable ou arraisonnable par une science comme la physique, de son caractère pré-structuré ou à structurer par la recherche. Deux attitudes philosophiques sont confrontées : (1) celle qui consiste à maximiser, dans le produit de la connaissance, la part de structure que l’on croit pouvoir attribuer à la réalité telle qu’elle est indépendamment de nous, et (2) celle qui consiste inversement à maximiser la part de structure que l’on croit pouvoir attribuer à la méthode même qui est employée dans la recherche. Chacune de ces deux attitudes trace un programme épistémologique : celui du physicien réaliste, et celui du “métaphysicien” néo-kantien.” Michel Bitbol