La mécanique quantique comme théorie essentiellement relationnelle, par Michel Bitbol

“L’idée que notre science peut seulement accéder à des relations, et non pas aux hypothétiques déterminations absolues de ce qui est, remonte à un passé très ancien. Elle a été avancée, de Protagoras à Pyrrhon, comme argument sceptique apte à saper les fondements de la connaissance. Mais elle a aussi été prise, de Kant à Einstein, comme point de départ d’une entreprise de refondation épistémologique. En dehors des cercles sceptiques, ou à distance des moments de lucidité favorisés par les révolutions scientifiques, le système des relations constituant chaque domaine de connaissance a cependant eu tendance à retomber dans l’oubli au profit de ses invariants réifiés.
L’avènement de la mécanique quantique a enrayé ce mouvement de flux et de reflux, d’affirmation puis de négligence, du caractère relationnel de la connaissance.”